En 1961, la municipalité SFIO de Toulouse, dirigé par Louis Bazerque, sensibilisé par le débat du moment sur Paris-Parallèle, lance un concours pour un plan d'urbanisation. Il s'agit de créer, à quelques kilomètres du centre existant, un second centre urbain complémentaire. Ce projet s'inscrit dans une vaste vision urbaine et territoriale de l'État qui réorganise les régions françaises autour de métropoles. Pour la commune l'ambition est d'agir sur la totalité de son territoire ainsi que dans son insertion dans la région. Sous l'impulsion de l'État et du maire, en pleine période d'expension, un vaste programme est mis en place. L'industrie, tout d'abord, qui jusque-là se concentrait principalement sur le traitement de l'azote, va s'ouvrir sur l'aviation et l'informatique. Les potentiels universitaires de Toulouse issus de son histoire sont renforcés par la construction de plusieurs universités : Sciences, Médecine Lettres, Droit.
La poussée démographique, un moment stoppée, reprend. Elle est issue des campagnes de la région, mais aussi, d'Italie, d'Espagne et des premiers Pieds Noirs quittant l'Algérie. La population de la ville passe ainsi de 150 000 habitants en 1914 à 420 000 en 1960 conduisant la ville à un vaste programme de construction de logements. La liaison de l'ensemble de ces activités est prévue par un réseau d'autoroutes urbaines, de rocades qui vont changer complètement la physionomie et l'appréhension de la ville. Cette ville nouvelle n'est donc qu'une partie d'un plus vaste programme, mais le maire en fera son fer de lance politique. Les toulousains associeront le nom du maire à celui du Mirail.
Le programme est ambitieux, il n'en n'existait aucun de cette importance dans l'Europe d'alors. Il prévoit la réalisation de 25 000 logements pour 100 000 habitants, des équipements sportifs, culturels, commerciaux et cultuels répartis sur un territoire de 680 hectares. Cinquante équipes d'architectes vont envoyer un projet, dix seront retenus au second tour et devront produire une maquette de la totalité de la cité.
Les architectes G. Candilis, P. Dony, A. Josic, S. Woods accompagnés des ingénieurs N. Piot et J. François emportent le concours. Pour les seconder, le maire crée un institut de réflexion sur les problèmes juridiques, un atelier municipal d'urbanisme, l'État par le biais d'organismes HLM, de la Direction Départementale de la Construction et par celle de l'Architecture assiste lui aussi à la conception. Ce n'est qu'en octobre 1964 que le quartier de Bellefontaine est commencé.
Le lent démarrage des travaux s'explique en partie par le conflit qui opposa à partir de 1962 L. Bazerque au toulousain J. Maziol, alors ministre de la Construction, mais aussi ancien conseiller municipal gaulliste. L. Bazerque déclarera:
"Il a cherché à démolir le Mirail, avec l'aide d'un triste individu de ses services toulousains, pour devenir maire à ma place. On a gagné, mais je ne recommencerais pas : je sais ce que c'est que de construire une ville. Je me suis usé terriblement."
La construction du quartier, constitué essentiellement de HLM, pourra être terminée en 1972. Le centre régional prévu sur le projet se constitue au coup par coup: hypermarché Casino, trois organismes administratifs ou para-administratifs, l'école d'architecture, la radiotélévision, la Direction régionale des Douanes et le siège régional du Parti Communiste. Les zones d'activités sont situées à la périphérie, comme prévu. Mais le constat est amer, tant de la part de l'architecte qui parle d'un "ghetto des pauvres", que de la part du maire : "Ce fut mon grand échec. J'aurais voulu qu'il n'y ait pas de ségrégation, que soit mixés H.L.M., logements moyens et standing".